La ciboulette (restaurant de Jean-Pierre Coffe)

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La ciboulette (restaurant de Jean-Pierre Coffe)

Critique gastronomique bien connu pour son leitmotiv "c'est de la merde", phrase qu'il n'a en réalité prononcée qu'à une poignée d'occasions, notamment une en 1992 qui a créé la légende, Jean-Pierre Coffe fut longtemps restaurateur avant d'être un homme public.

Après une première vie de publicitaire, durant laquelle il dirigeait aussi une association, il eut deux restaurants: La Ciboulette et Chez Modeste.


C'est pas d'la charcuterie ça ! C'est d'la merde !

Avant la ciboulette

En 1970, Jean-Pierre Coffe crée une agence de publicité à Paris et convainc Primagaz et BP de signer chez lui. À peine créée, son entreprise est déjà florissante et lui fait très bien gagner sa vie.

Dans la foulée, il crée l'association Les Grand-mères au pair dont l'objectif est de sortir les personnes âgées de l'isolement, ce qu'elle entend accomplir en les proposant comme gardiennes d'enfants aux familles qui partent en vacances. L'association gère rapidement des milliers de dossiers, c'est un franc succès, à l'image de son entreprise. Malheureusement, l'État lui coupe les vivres en 1971.

Jean-Pierre Coffe décide alors de financer lui-même son association, une décision qui l'ampute de tous ses revenus. Comme un malheur n'arrive jamais seul, le choc pétrolier de 1973 lui fait ensuite perdre Primagaz et BP, ses deux principaux clients.

Entre son entreprise qui périclite brutalement et son association qui le ruine, il finit par faire faillite en 1974. Tous ses biens sont mis en vente, à l'exception de sa maison de campagne qu'il arrive à préserver, une ruine dans un village de 450 habitants (Lanneray en Eure-et-Loir) qu'il est en train de retaper et dans laquelle il se réfugie.

Sauvé de peu par Henri Gault

En 1975, alors qu'il songe à en finir, Henri Gault (co-fondateur du Gault et Millau) l'appelle pour prendre de ses nouvelles. Apprenant ses déboires et connaissant ses talents en cuisine, Henri Gault lui suggère de créer un restaurant à Paris. N'ayant aucune expérience dans la restauration, Jean-Pierre Coffe trouve d'abord l'idée absurde, mais Henri Gault insiste, s'engageant même à lui présenter quelques personnes qui pourraient l'aider.

Coffe se laisse finalement convaincre. En 1976, il ouvre La Ciboulette rue Saint-Honoré puis Chez Modeste rue Rambuteau.

Grâce à la restauration, Jean-Pierre Coffe renoue avec le succès. Pierre Lescure, Isabelle Adjani, Michèle Morgan, Daniel Toscan du Plantier, Jean-Paul Belmondo et Raquel Welch, Jean Poiret, Caroline Cellier, Jean Carmet, Miou-Miou, Dominique Lavanant... la liste de ses habitués est aussi longue qu'impressionnante.

Un soir, ou plutôt une nuit à 1h30 du matin, il reçoit même Luciano Pavarotti et Renata Tebaldi qui désirent se restaurer après un récital. Jean-Pierre Coffe et son cuisinier, qui se détendent au bar après une soirée de travail, reprennent aussitôt du service, se délectant ensuite de les entendre chanter jusqu'à 3h du matin.


Luciano Pavarotti et Renata Tebaldi

Une nouvelle page

Malgré le succès de La Ciboulette et Chez Modeste, sa carrière de restaurateur s'arrête brutalement en 1985. Cette année là, escroqué par un homme d'affaires libanais, Jean-Pierre Coffe est encore une fois ruiné et doit à nouveau faire faillite. Il se recyclera dans le cabaret, puis comme critique gastronomique avec la carrière qu'on connaît.

Par , publié sur jardin-secrets.com le 09-10-2018

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